Tag: Première partie
Chapitre II. Un père nourricier
Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du bout de son bâton il m’arrêta : – Qu’est – ce que c’est que celui – là ? – C’est Rémi. – Tu m’avais dit… – Eh bien oui, mais… ce n’était pas vrai, parce que… – Ah ! pas vrai, pas vrai. Il...
Chapitre III. La troupe du signor Vitalis
Sans doute je dormis toute la nuit sous l’impression du chagrin et de la crainte, car le lendemain matin en m’éveillant, mon premier mouvement fut de tâter mon lit et de regarder au – tour de moi, pour être certain qu’on ne m’avait pas emporté. Pendant toute la matinée, Barberin...
Chapitre IV. La maison maternelle
– Eh bien ! demanda mère Barberin quand nous rentrâ – mes, qu’a dit le maire ? – Nous ne l’avons pas vu. – Comment, vous ne l’avez pas vu ? – Non, j’ai rencontré des amis au café Notre – Dame, et quand nous sommes sortis, il était trop tard ; nous y retourne...
Chapitre V. En route
Pour acheter les enfants quarante francs, il n’en résulte pas nécessairement qu’on est un ogre et qu’on fait provision de chair fraîche afin de la manger. Vitalis ne voulait pas me manger, et, par une exception rare chez les acheteurs d’enfants, ce n’était pas un méchant homme....
Chapitre VI. Mes débuts
Le lendemain nous nous mîmes en route de bonne heure. Plus de pluie ; un ciel bleu, et, grâce au vent sec qui avait soufflé pendant la nuit, peu de boue. Les oiseaux chantaient joyeusement dans les buissons du chemin et les chiens gamba – daient autour de nous. De temps en temps, Capi se...
Chapitre VII. J’apprends à lire
C’étaient assurément des comédiens du plus grand talent, que ceux qui composaient la troupe du signor Vitalis, – je parle des chiens et du singe, – mais ce talent n’était pas très – varié. Lorsqu’ils avaient donné trois ou quatre représentations, on connaissait tout leur...
Chapitre VIII. Par monts et par vaux
Nous avions parcouru une partie du midi de la France : l’Auvergne, le Velay, le Vivarais, le Quercy, le Rouergue, les Cé – vennes, le Languedoc. Notre façon de voyager était des plus simples ; nous allions droit devant nous, au hasard, et quand nous trouvions un vil – lage qui...
Chapitre X. Devant la justice
De Pau il m’est resté un souvenir agréable : dans cette ville le vent ne souffle presque jamais. Et, comme nous y restâmes pendant l’hiver, passant nos journées dans les rues, sur les places publiques et sur les pro – menades, on comprend que je dus être sensible à un avantage de ce...
Chapitre XI. En bateau
Quand je rentrai à l’auberge, le cœur gros, les yeux rouges, je trouvai sous la porte de la cour l’aubergiste qui me regarda longuement. J’allais passer pour rejoindre les chiens, quand il m’arrêta – Eh bien ? me dit – il, ton maître ? – Il est condamné. – À combien ? –...
Chapitre XII. Mon premier ami
La mère d’Arthur était Anglaise, elle se nommait madame Milligan ; elle était veuve et Arthur était son seul enfant, – au moins son seul enfant vivant, car elle avait eu un fils aîné, qui avait disparu dans des conditions mystérieuses l’âge de six mois, cet enfant avait été perdu ou...
Chapitre XIII. Enfant trouvé
Le temps avait passé vite pendant ce voyage, et le moment approchait où mon maître allait sortir de prison mesure que nous nous éloignions de Toulouse, cette pen – sée m’avait de plus en plus vivement tourmenté. C’était charmant de s’en aller ainsi en bateau, sans peine comme...
Chappitre XIV. Neige et loups
Il fallut de nouveau emboîter le pas derrière mon maître et, la bretelle de ma harpe tendue sur mon épaule endolorie, che – miner le long des grandes routes, par la pluie comme par le so – leil, par la poussière comme par la boue. Il fallut faire la bête sur les places publiques...
Chapitre XV. Monsieur Joli-Cœur
Les pronostics du jour levant s’étaient réalisés ; le soleil brillait dans un ciel sans nuages et ses pâles rayons étaient ré – fléchis par la neige immaculée ; la forêt triste et livide la veille était maintenant éblouissante d’un éclat qui aveuglait les yeux. De temps en...
Chapitre XVI. Entrée à Paris
Nous étions encore bien éloignés de Paris. Il fallut nous mettre en route par les chemins couverts de neige et marcher du matin au soir, contre le vent du nord qui nous soufflait au visage. Comme elles furent tristes ces longues étapes ! Vitalis mar – chait en tête, je venais derrière...
Chapitre XVII. Un padrone de la rue de Lourcine
Bien que tout ce qui nous entourait me parût horrible, j’ou – vris les yeux et j’oubliai presque la gravité de ma situation pour regarder autour de moi. Plus nous avancions dans Paris, moins ce que j’apercevais répondait à mes rêveries enfantines et à mes espérances imagi –...
Chapitre XVIII. Les carrières de Gentilly
Tant que nous fûmes dans la rue où il y avait du monde, Vi – talis marcha sans rien dire, mais bientôt nous nous trouvâmes dans une ruelle déserte ; alors il s’assit sur une borne et passa à plusieurs reprises sa main sur son front, ce qui chez lui était un signe d’embarras. –...
Chapitre XIX. Lise
Quand je me réveillai j’étais dans un lit ; la flamme d’un grand feu éclairait la chambre où j’étais couché. Je regardai autour de moi. Je ne connaissais pas cette chambre Je ne connaissais pas non plus les figures qui m’entou – raient : un homme en veste grise et en sabots...

















